Interview de Erwan Burban, fondateur du groupe Jerry Cornic et du label Oeuf Ă  Briques, pour la sortie du 4 titres « Melting Paotr ».

- Mais qui est ce fameux Jerry Cornic, d’oĂą vient ce nom ?

 Au dĂ©part, c’Ă©tait juste le nom du projet, mais très vite les gens ont cru que c’Ă©tait mon pseudo. Après tout, pourquoi pas… je commence Ă  m’habituer Ă  ce deuxième prĂ©nom. En fait, c’est un clin d’oeil aux trompettes de Jericho et aux mĂ©langes de prĂ©noms anglo-saxons et de noms bretons pur beurre.

- Travailles tu toujours en solo, comment gères tu le live ?

Le CD 4 titres est un travail home-studio, j’Ă©tait tout seul avec mes machines et ma trompette. Pour le live, j’ai fait appel Ă  JFF de Rennes aux machines et Ă  DJ MIC.A de Nantes aux platines. Au fur et Ă  mesure des concerts, j’ai commencĂ© Ă  intĂ©grer la voix avec des textes en breton. Je ne chante pas vraiment, c’est plus tchatchĂ©, entre poĂ©sie et rap. Maintenant qu’on a fait une première petite tournĂ©e, on est passĂ© d’un projet studio Ă  un vrai projet de groupe. On va bientĂ´t intĂ©grer un batteur, Julien Le Vu, et une guitariste (flamenco et Ă©lectrique), HĂ©lène Brunet. On continue Ă  trois jusqu’en septembre, et après on passe Ă  5.

 - Breizh Soul : comment arrivez vous Ă  intĂ©grez la musique bretonne dans un registre moderne ?

C’est venu naturellement. A la base, ce qui fonctionne bien, c’est quand les airs trad sont traitĂ©s plus comme des standarts de jazz que comme des reliques. L’instrument facilite aussi la fusion : mĂŞme les plus farouches anti-breizhous se surprennent Ă  apprĂ©cier des ridĂ©es et des complaintes quand elles sont jouĂ©es Ă  la trompette.

 - Dur de monter un label ? une petite fiertĂ© quand meme de se dĂ©brouiller sans les majors ?

 C’est vraiment dur quand on a pas un minimum d’investissement financier. Avec des sommes finalement pas si Ă©normes on peut faire des choses vraiment pros, impressionnantes et efficaces. Avec L’oeuf Ă  Briques, le label qu’on a montĂ© sur Langon, on est en permanence sur le fil, la moindre facture imprĂ©vue peut faire tout basculer Ă  tout moment. En tous cas, on est fiers de ce qu’on fait, avec ou sans majors… et on se sent plus proches des passionnĂ©s de musique Ă©changeurs de fichiers que des multinationales du disque qui font appel Ă  la police pour les aider Ă  maintenir un modèle Ă©conomique dĂ©passĂ©.

 - Comment se prĂ©sente la tournĂ©e estivale 2004 ?

Calme ! Le projet live en trio n’a Ă©tĂ© finalisĂ© que fin janvier, et la plupart des programmations Ă©taient dĂ©jĂ  bouclĂ©es depuis dĂ©cembre. En plus, comme on va commencer sur les chapeaux de roue Ă  5 en septembre, on est pas trop motivĂ©s pour jouer Ă  tout prix en juillet-aout. On va plutĂ´t paufiner le set Ă  5.

- T’as pas  une anecdote de concert ?

Au festival du cabaret Ă  domicile, Ă  Saint-LAurent sur Oust, les groupes Ă©taient prĂ©sentĂ©s par un conteur renommĂ© du pays de Redon, Calixe. Il a fait tout un show sur le tourne- disque de sa grand-mère, et il avait tellement la tchatche que JFF a voulu l’embaucher comme MC pour les prochains concerts…

Merci Erwan