sorti en avril 2003, le dernier album de Kila sublime une musique irlandaise pimentée de subtils apports exotiques à souhait.

          Nostalgie et exotisme pourraient dĂ©finir cet album magique. Kila, un groupe de musique instrumentale parmi  les plus rĂ©putĂ©s en Irlande, nous avait habituĂ©s Ă  une redĂ©finition des traditionnels jigs & reels par l’apport de didgeridoos et autres instruments peu habituels. Au Luna Park on y trouve pĂŞle-mĂŞle : guitare espagnole,  hammered dulcimer,  piano,  clarinette, sarangi. Grâce au lead des instruments irlandais tels l’Ă©ternel whistle, uillean pipes, et violon, l’on se situe bien en Irlande, mais dans une Irlande qui voyage et qui ne renie pas ses racines europĂ©ennes. L’espagne a donc une place prĂ©dominante parmi cette mosaĂŻque musicale qui ne laisse rien au hasard : les airs sont finement arrangĂ©s et parfois accompagnĂ©s de pros du classique comme ce quartet composĂ© notamment de Aoife NĂ­ Dhornáin du Irish Baroque Orchestra. La voix de RĂłnán Ă“ Snodaigh’s alterne syllabes rapides et lenteurs ascendantes selon une hypnose que les trois frères ont su maĂ®triser avec subitilitĂ© sur tous leurs albums, grâce au soutien de la rythmique du bodhran et les mĂ©lodies d’un uileain pipe toujours prĂ©sents.

          Avec ce sixième album, on pouvait craindre la rĂ©pĂ©tition, ce n’est pas le cas le style s’est renouvelĂ© et les compositions se sont Ă©toffĂ©es. C’est du grand art Ă  conserver dans sa discothèque de musique irlandaise.

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