Ancien patron pĂȘcheur, Marc Morvan s’est reconverti dans le mĂ©tal en recyclant tout ce qui rouille, blesse, se dĂ©coupe, se tord et se soude.

         Les quimpĂ©rois connaissent bien ces monstres d’acier que l’on rencontre de temps Ă  autre au coin d’une route : Marc Morvan aime exposer ses oeuvres sur la place publique, Ă  l’improviste. Ses animaux et machines monumentales parcourent ainsi la Cornouaille de leurs petites pattes, ou plutĂŽt le plus souvent dĂ©placĂ©es Ă  la grue. Car la lĂ©gĂšretĂ© n’est pas franchement un terme appropriĂ© pour ces tonnes de mĂ©tal de dĂ©charge avec lesquelles Marc Morvan sculpte ces ĂȘtres imaginaires au nom Ă©vocateur : « poisson d’avril », l’orque pacifique, « sancho » l’andalou hardi sur son cheval de fer… Quand Ă  ce docile mouton, il n’oublie jamais sa laisse. Bien Ă  l’abri des vents, ce bateau-pirate est moins effrayant que ce cormoran, que l’on pourrait interprĂ©ter comme souvenir de nos chĂšres marĂ©es noires et dĂ©gazages que l’on ne dĂ©noncera jamais assez. Un domaine proche de la pĂȘche Ă  qui Marc Morvan fait un clin d’oeil humoristique : « Agriculture durable« …

          Artiste complet, Marc Morvan est aussi un artisan de sa renommĂ©e croissante : il s’expose au maximum et donne du mouvement Ă  ses sculptures en les mettant en scĂšne sous des jeux de lumiĂšre. Ces spectacles nocturnes ont voyagĂ© de part et d’autre, de la cour du LikĂšs Ă  Quimper Ă  la plage des Dames Ă  Douarnenez… Avec toujours un souci majeur : surprendre, voire effrayer !